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Projet sans précédent, le territoire intelligent a pris son élan fin 2019 sur Angers Loire Métropole. Mené avec le mandataire Engie et ses partenaires, il répond à un double objectif d’économie d’énergie et d’amélioration des services publics, au bénéfice de l’environnement et des habitants.

Passer d'une gestion statique à une gestion dynamique. Tel pourrait être en quelques mots le résumé de l'évolution promise par le territoire intelligent: là où les équipements "classiques", en matière d'éclairage ou d'arrosage par exemple, fonctionnent selon des programmations fixes, il s'agit de passer à une gestion adaptée aux besoins, en temps réel.

Sur l'éclairage, cela signifie le remplacement sur cinq ans de 30000 candélabres par des modèles économes à LED, permettant de diminuer de 60% la puissance installée. Par ailleurs la possibilité d'ajuster l'intensité lumineuse (baisse graduelle pendant la nuit, extinction dans certaines zones à très faible fréquentation avec allumage déclenché par capteur...) a permis au total, sur les remplacements déjà effectués, de constater une économie de 65% à 80%. A noter que les communes où l’éclairage est coupé en milieu de nuit conservent cette pratique. Sur l'arrosage, des sondes et capteurs vont permettre de mesurer le niveau des précipitations et l'humidité du sol pour adapter les volumes en conséquence.

La collecte de données et leur mise en réseau ouvre également des perspectives inédites. C'est le cas par exemple sur la thématique du stationnement, où l'objectif est de mesurer précisément l'occupation de quelque 600 places, selon les heures et les jours de la semaine, par exemple pour guider les usagers vers les places disponibles grâce à une appli.

Organisation de la collecte des déchets, régulation de la pression d'eau dans les canalisations, adaptation des feux de circulation, gestion du chauffage dans les bâtiments en fonction de l'occupation des salles... les exemples sont multiples où cette gestion "dynamique" peut permettre d'optimiser les services et usages, au bénéfice d'une économie de temps, d'énergie et de moyens. Avec en toile de fond un enjeu transversal: éviter les gaspillages dans le sens de la lutte contre le réchauffement climatique, en améliorant la qualité du service public.

En savoir plus: lire l'interview de Yann Rolland, président directeur général d'Engie Solutions

Quelques objectifs en chiffres

Le territoire intelligent a pris son envol le 12 novembre 2019, lorsque le conseil communautaire d’Angers Loire Métropole a fait le choix du groupement d’entreprises chargé de le mettre en oeuvre. C’est ainsi la proposition déposée par Engie et ses partenaires (Suez, La Poste, groupe Vyv) qui a été retenue, pour un contrat de 178 millions d’euros sur douze ans (121 millions pour sa tranche ferme). Un contrat exceptionnel par son montant et sa durée, et même "sans équivalent en France", soulignait alors Constance Nebbula, élue au Numérique et à l’Innovation.
A noter que ce contrat engage le mandataire sur des objectifs chiffrés en matière d’économies et d’amélioration des performances, et que l’ensemble des données collectées dans le cadre du Territoire intelligent reste la propriété de la collectivité.

Outils de planification et de supervision

La centralisation des données collectées dans le cadre du territoire intelligent permet le développement de plusieurs outils de gestion globale, apportant un support à l'action des services publics ainsi qu'une vision prospective du territoire.

Jumeau numérique

Le "jumeau numérique" n'est ni plus ni moins qu'une représentation en 3D de l'intégralité du territoire d'Angers Loire Métropole. Complétée par des données topographiques, d'exposition ou encore d'utilisation des espaces, elle permet de simuler l'impact de différents phénomènes, sur la base de projections scientifiques ou de données historiques.

Ainsi, en confrontant ce jumeau numérique aux perspectives issues des travaux du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), il est possible de mesurer l'impact futur du réchauffement climatique sur le territoire. Cette projection permet notamment d'identifier les îlots de chaleur, et ainsi guider la décision des élus sur les travaux à réaliser en matière, par exemple, de désimperméabilisation des sols ou de plantation d'arbres.

Il permet également, en se basant cette fois sur les données issues des inondations passées (comme la crue centennale de 1995) de prévoir les conséquences d'une forte montée des eaux, et d'adapter en conséquence les projets urbanistiques.

Ces premiers exemples pourront être complétés par d'autres usages, comme par exemple l'impact des projets de voirie sur les flux de circulation et, donc, sur les embouteillages.

Hypervision urbaine

L'outil d'hypervision permet lui de centraliser, dans une application unique, l'ensemble des données issues des capteurs déployés dans le cadre du Territoire intelligent. Consommation d'énergie, qualité de l'air, température des bâtiments, occupation des places de parking... l'accès à ces données, en temps réel et en mesurant leur évolution sur la durée, aboutira à une connaisssance fine du territoire, dans de nombreux domaines. Les marges d'amélioration et d'optimisation pourront être plus facilement identifiées, au bénéfice de l'organisation des services publiques et de la décision politique.

Sûreté: protection des biens et des personnes

La thématique de la protection des biens et des personnes bénéficiera elle aussi du Territoire intelligent, via un outil de supervision dédié. Celui-ci apportera aux agents du centre de sécurité urbain un outil de pilotage très précis de l'ensemble des caméras de vidéoprotection. Leur utilisation y sera interfacée avec une cartographie dynamique, où pourront remonter d'autres sources d'information, par exemple les signalements de dégradation issus de l'application Mairie 5/5. Des "alarmes automatiques" pourront également être configurées, sur les dépôts sauvages par exemple, avant d'être vérifiées par les opérateurs. Il permettra également la prise en main d'autres équipements connectés au territoire intelligent, comme l'éclairage public, par exemple pour augmenter ponctuellement la luminosité d'une zone à surveiller.

Où en sommes-nous ?

De manière très simplifiée et en quelques chiffres, petit état des lieux de l’avancée du projet dans quelques thématiques-clés.

Bâtiments publics

Avec la "gestion technique centralisée", l’objectif est de réduire fortement les consommations d’énergie dans les bâtiments public, en agissant sur le chauffage, l’éclairage, la ventilation, au besoin en effectuant des travaux d’amélioration. A l'automne 2021, 28 sites avaient été équipés, sur 91 bâtiments identifiés. Par ailleurs 73 bâtiments disposaient déjà d'un système de gestion centralisée, qui sera renouvelé.

Arrosage

L’installation de capteurs et de sondes permet de réguler l’arrosage au plus près des besoins, en tenant compte de l’humidité du sol et des précipitations. Au printemps 2021, 24 des 30 sites identifiés avaient été équipés. Les installations seront terminées sur l'ensemble des sites pour la saison d'arrosage 2022.

Stationnement

A terme, 600 places seront équipées de capteurs au sol permettant de connaître leur niveau d'utilisation selon les heures et les jours de la semaine. L’objectif est d’utiliser ces données pour orienter les automobilistes vers les places disponibles et améliorer la gestion du stationnement. A l'automne 2021, 8% des places identifiées avaient été équipées.

Déchets

Des capteurs seront installés sur 30 points d'apport volontaire, répartis de manière à couvrir l'ensemble du territoire. En mesurant le remplissage des conteneurs, ces capteurs permettront d'optimiser les circuits de collecte, en évitant par exemple de collecter des conteneurs à moitié vide ou, à l'inverse, en intensifiant les tournées de ramassage sur les points les plus utilisés. A l'automne 2021, 7% des sites étaient équipés.