Du 30 janvier au 8 février, la 10e édition du festival Food’Angers déroule un programme alléchant : savoir-faire locaux, concours du meilleur flan, focus sur la cuisine végétale…
Polpette (boulettes italiennes) aux champignons, servies avec une purée de haricots blancs et du chou braisé au vin rouge. Une soupe harira réconfortante ou un velouté hyper protéiné de pois chiches et de champignons. Ces plats végétariens, riches en légumes et légumineuses, figurent à la carte du Chardon, "cantine" de la rue de Frémur, à Angers, spécialisée dans la cuisine végétale. "Mon pari est de démontrer que ce type de cuisine, et les légumes secs en particulier, ne sont ni fades ni monotones. J’essaie de proposer des mets colorés, structurés, en jouant sur les textures et les modes de cuisson. Ce sont aussi des plats complets dont les apports en protéines, en graisses et en féculents sont suffisants pour se sentir rassasié", défend Marine Sanvelian, la propriétaire du restaurant. Pendant Food’Angers, Ouvre une nouvelle fenêtre, festival qui célèbre le patrimoine culinaire et œnologique angevin, du 30 janvier au 8 février, elle proposera un dîner où les légumes locaux et de saison sont au centre de l’assiette (5 février, sur réservation).
Réenchanter les légumes secs, c’est également le défi lancé par l’école supérieure des agricultures (ESA), à Angers. Cette dernière porte le projet Jack, financé à hauteur de 4,4 M€ par l’Agence nationale de recherche et la région Pays de la Loire. Et soutenu par 17 partenaires dont de grandes marques de l’agroalimentaire. Son but ? Inciter les usagers à manger plus de légumes secs. En effet, un Français consomme seulement 2 kg par an de légumineuses contre les 10 kg recommandés par le Programme national nutrition santé. "Composées à 25 % de protéines, 50 % d’énergie et 10 % de fibres, elles représentent une alternative sérieuse à la viande dont la production entraîne une forte empreinte carbone", explique Isabelle Maître, enseignante-chercheuse à l’ESA, responsable du projet Jack qui sera au coeur d’une conférence pendant Food’Angers, co-organisée par le campus de la gastronomie. "Les légumineuses figurent dans tous les scénarios de lutte contre le réchauffement climatique", ajoute-t-elle.
Le plaisir avant tout
Pour convaincre les consommateurs, la recherche se concentre sur la dimension plaisir de ces aliments. Ainsi, l’ESA a confié le soin à des chefs de concocter quelque 150 recettes à base de légumineuses, desserts inclus (à paraître en 2026). "Nous croyons que la gastronomie, comme la mode, a un pouvoir d’influence. Si les chefs s’y mettent alors la tendance s’exportera dans les restaurants et chez les particuliers", explique Isabelle Maître. En parallèle, l’ESA fait appel à des testeurs volontaires pour déguster des plats ou des produits bruts. "Nous entraînons ces personnes à détecter les différentes notes que l’on retrouve dans les légumineuses pour comprendre ce qui plaît ou non. Nous travaillons aussi à identifier leurs propriétés culinaires. Il existe peu d’études sur leurs fonctionnalités ou leur génétique. Cela pourrait nous permettre, par exemple, de cerner quelle légumineuse ferait la meilleure alternative à une farine de blé", précise la chercheuse.
14 flans angevins à goûter et à (dé)partager
"J’aime quand la pâte du flan est feuilletée, qu’elle s’effrite et qu’on en met un peu partout. C’est plus gourmand", se délecte Aurélien Trottier, de la chocolaterie-pâtisserie Artisan Passionné, à Angers. Pour les pâtissières du salon de thé angevin Le Chou, Estelle Gibergues et Céline Chureau, la pâte est sucrée, "entre ferme et fondante". Et selon Claire Rivière, la tenancière de l’épicerie voisine, Racynes, la couche de crème qui la surplombe est forcément "onctueuse et bien vanillée. Le goût de vanille est régressif. Il renvoie à l’enfance", ajoute-t-elle pour expliquer le succès de cet incontournable du paysage culinaire français qui se mange facilement, à la main, en toute saison, aussi bien au goûter qu’en dessert.
Quatorze enseignes angevines*, dont ce trio, participeront au "Flan tour". Tout au long de Food’Angers, elles proposeront la meilleure version de leur flan. Les habitants de l’agglomération seront invités à élire en ligne leur préféré, entre le 30 janvier et le 7 février (modalités sur foodangers.fr). En parallèle, un jury de professionnels, réuni en clôture du festival, le 7 février, fera également son choix en sélectionnant les "4 flantastiques".
En attendant le concours, chacun livre ses secrets de fabrication. "Pour rendre la pâte feuilletée plus croustillante et caramélisée, je saupoudre le fond du moule de cassonade. Et j’attends que la crème vanillée refroidisse avant d’enfourner", précise Aurélien Trottier. Chez Racynes, au contraire, l’ensemble est cuit alors que la crème est encore chaude. Ce qui fait naître une fine peau moelleuse sur le dessus. Au Chou, le flan est parsemé de vanille grillée et de sarrasin… Il ne reste plus qu’à tous les déguster !
* Damien Vétault, Artisan Passionné, Bourdillat, Laurent Petit, Once Upon A Time, Nectar, Markus Coffee Shop, Les Petits Bonheurs, Boulangerie des Carmes, La Maison des pains, Les Pâtisseurs, La Doréenne, Racynes, Le Chou.
Un programme spécial anniversaire
Pour sa 10e édition, une animation du festival Food’Angers explorera les traditions de l’anniversaire selon les cultures. Un autre atelier s’intéressera aux odeurs de l’anniversaire. Et, pour célébrer, une murder party réunira les apprentis détectives au Grand-Théâtre d’Angers.
En dehors de ce thème spécial, Food’Angers prévoit moults rendez-vous. Soulaines-sur-Aubance accueillera un Run and brunch, des courses de 5 ou 10 km suivies d’un brunch bien mérité. Pour les inconditionnels de l’English Breakfast, direction l’institut municipal, à Angers. Au Repaire Urbain, en parallèle de l’exposition de l’artiste Makiko Furuichi, la cérémonie du thé japonaise sera mise à l’honneur. La bibliothèque et ludothèque Annie-Fratellini, à Angers, organisera des contes gourmands et des soirées jeux de société autour de la nourriture. Invitation aux voyages aux halles Biltoki où les commerçants proposeront de goûter à des mets exotiques.
Les traditionnels cavardages, ces dégustations-conférences, auront lieu chez des cavistes, des fromagers, des restaurateurs… et même dans une librairie. La Cohue, à Angers, recevra ainsi les autrices de la bande dessinée Le Sens de la vigne, dont l’histoire a pour cadre un domaine viticole du Maine-et-Loire.
Le plein d’animations végé
À Angers, la tour Saint-Aubin accueille un dîner végé et musique, le 30 janvier, tandis que la maison Watson concocte un brunch 100 % végétal, le 1er février. La brasserie Penrose ose un repas “sans” : charcuterie sans viande, pâtisseries végétales sans allergènes et boissons sans alcool, le 6 février. L’Interprofession des fruits et légumes frais fait découvrir les fruits et légumes de saison sur le marché La Fayette, le 4 février. Et, en clôture de Food’Angers, la Maison de l’environnement propose une journée consacrée à l’alimentation gourmande et durable.
Une vingtaine de salons professionnels autour du vin
Angers Loire dégusT’ regroupe les trois salons professionnels Demeter (vins biodynamiques), la Levée de la Loire (vins bio) et des vins de Loire (tous modes de production) au parc-expo, les 2 et 3 février. En tout, une vingtaine de salons pour professionnels et grands amateurs se déroulent dans l’agglomération pendant le festival Food’Angers. Parmi eux : Sec et fruité (vins naturels), aux Ponts-de-Cé, les 29 et 30 janvier ; Les Pénitentes (bio), à Angers (hôtel des Pénitentes), du 29 au 31 janvier ; Il était une fois (vins naturels) au château du Plessis-Macé, à Longuenée-en-Anjou, le 31 janvier ; Madavin (biodynamie), à Angers (ensemble Saint-Jean), les 31 janvier et 1er février ; Primaire (vins paysans), à Angers (La Terrasse, place Kennedy), les 31 janvier et 1er février ; CHAI ! (artisans vinificateurs), à Angers (au 1 006, promenade de la Baumette), le 1er février. Ces salons rassemblent autour de 1 600 vignerons et 13 000 visiteurs de 140 nationalités.
Café et chocolat : la torréfaction au coeur des saveurs
Avant de finir en tablette ou dans une tasse, les fèves de chocolat et de café sont soumises à une étape cruciale : la torréfaction. Elles sont ainsi chauffées, ce qui révèle la diversité et l’intensité de leurs arômes. "La torréfaction est un processus presque scientifique basé sur des températures précises. En fonction du degré et du temps choisis, le chocolat revêt différentes notes", explique Jérôme Duffault, créateur de Nuances de chocolat. Son atelier angevin, ouvert à la visite pendant Food’Angers, abrite toutes les étapes de confection du chocolat : torréfaction, concassage, conchage et moulage. "Je reçois les fèves séchées. Elles proviennent de producteurs qui travaillent en agroforesterie. La culture de la fève dépend alors seulement du terroir, de l’hydrométrie, du climat, de la faune et de la flore environnantes", explique le chocolatier. Même philosophie chez Alexandre Guilleminot, fondateur de Drupe Lab, atelier de confection de café. "Dans le cas du café, la torréfaction permet aussi de jouer avec la texture. En fonction, elle sera plus ou moins aqueuse", explique-t-il.
Drupe Lab et Nuances de chocolat animeront un atelier commun pendant Food’Angers, au coworking café La Pépiterie, à Angers. Le but : faire découvrir la torréfaction "mais aussi les différentes manières d’extraire le café, en ce qui me concerne, ajoute le torréfacteur. Le filtre ne donne pas forcément un jus de chaussettes, l’expresso n’est pas le seul café qui vaille, la cafetière japonaise confère à la boisson un arôme subtil. Et le café n’est pas qu’un produit de fin de repas. Il se marie bien avec les huîtres, certains plats salés et même le fromage." L’artisan proposera ainsi un second atelier sur les accords café/fromage ou comment marier une tomme florale avec un café filtre.
La visite de l’atelier Nuances de chocolat ainsi que les dégustations café/chocolat et café/fromage, à La Pépiterie, à Angers, sont sur réservation.
En chiffres
L'édition 2026 de Food’Angers. Le festival, né en 2017, propose dix jours d’animations autour de la gastronomie et du vin, des savoir-faire et des produits locaux.
Le nombre d'animations organisées du 30 janvier au 8 février : dîners, dégustations, ateliers, conférences, murder party…
Le nombre de partenaires engagés pour faire vivre ce festival : artisans, restaurateurs, producteurs, vignerons…