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Publié le 11 mars 2019

Le 1er juillet, un nouvel opérateur prendra en charge l'exploitation du réseau de transports en commun de l'agglomération: RATP Dev. Toutes les lignes de bus seront maintenues avant un redéploiement en 2023, lors de la mise en service des lignes B et C du tramway.

Les dessertes actuelles seront maintenues lors du changement d'opérateur, le 1er juillet. (Photo: Thierry Bonnet/Angers Loire Métropole)

Le 1er juillet, RATP Dev (filiale de la RATP) prendra les commandes du réseau de bus et tramway de l'agglomération angevine, jusqu'en 2025. Une petite révolution dans le monde des transports en commun locaux, puisque le groupe Keolis exploitait le réseau angevin depuis quarante ans.

"Pour les usagers, rien ne changera. Les communes les plus proches d'Angers comme les plus éloignées seront desservies de la même manière qu'aujourd'hui. En janvier 2023, les nouvelles lignes de tramway entreront en service, ce qui s'accompagnera d'un redéploiement du réseau comme cela avait été le cas en 2011 avec la première ligne", indique Bernard Dupré, vice-président aux Déplacements et aux Mobilités. "Le propre d'un réseau de transports en commun est d'évoluer constamment, au fil des nouveaux besoins liés par exemple à l'émergence de nouveaux quartiers."

Ce n'est d'ailleurs ni sur les questions de services aux usagers ni sur celle des innovations qu'a été fait le choix de l'opérateur. "Les offres de RATP Dev et de Keolis étaient très équilibrées, très professionnelles, avec pour principal objectif d'atteindre le meilleur niveau de services aux voyageurs à un coût maîtrisé pour la collectivité", poursuit l'élu.

53,5 millions de voyages en 2024

L'économie substantielle promise par le nouveau contrat a contribué à faire pencher la balance en faveur de RATP Dev. "Celle-ci sera de 5 millions d'euros par an, soit 30 millions d'euros jusqu'en 2025", précise à son tour Marc Laffineur, élu en charge du budget. De quoi apporter une bouffée d'oxygène au financement du chantier du tramway, dont les pics d'investissement sont attendus de 2021 à 2023. De quoi aussi envisager l'avenir des transports publics avec sérénité. "Notre flotte de bus va être renouvelée progressivement dès 2020 et nous aurons à financer un nouveau système d'information aux usagers", conclut Bernard Dupré. Pour cela, Angers Loire Métropole déboursera 6 millions d'euros de moins que ce que proposait Keolis.

Quant à ses objectifs, RATP Dev vise 13,5 millions de voyages en plus par an à partir de 2024, pour atteindre les 53,5 millions de voyages annuels. Un objectif que contribuera grandement à atteindre la mise en service des nouvelles lignes de tramway début 2023.

Le délégataire ira à la rencontre des maires

Pour répondre aux interrogations des maires sur "l’après 2022", période à laquelle le réseau sera réétudié dans la logique d’un réseau renforcé par les nouvelles lignes de tramway, le président Christophe Béchu s’est engagé sur trois points. "Avant la fin de cette année, nous voterons une délibération prévoyant la mise en place d’un groupe de travail, dès début 2022, et qui inclura tous les maires du territoire. Ce groupe réfléchira aux dessertes de bus, ligne par ligne, en fonction des réalités du moment et avec les élus en place. Ce n’est par ailleurs pas utile d’attendre 2023 pour réfléchir à des solutions de transport innovantes, Et dès les prochaines semaines, le nouveau délégataire ira à la rencontre des élus de chaque commune."

Quoi de neuf à la rentrée ?

Que ce soit à Angers, dans les communes de première couronne ou celles qui sont plus éloignées, les lignes actuelles seront maintenues. L'arrivée du nouvel opérateur n'entraînera donc pas de changement dans les habitudes des usagers.

Quelques nouveaux services vont toutefois faire rapidement leur apparition :

  • Dès le 1er juillet, les personnes en situation de handicap inscrites au service Irigo Handicap Transport pourront se déplacer au prix unitaire de 1,50 euros, contre 3,5 euros actuellement. Elles disposeront d'un abonnement Fréquence avec un tarif aligné sur le tarif Irigo tout public (43,50€ contre 69,90€ actuellement). L'amplitude de fonctionnement du service sera élargie au samedi soir.
  • A partir de septembre, une ligne de nuit sera créée pour desservir les principaux pôles de sortie et les lieux de résidence des étudiants les jeudis, vendredis et samedis, en relais des lignes de soirée.
  • L'application Irigo sera enrichie pour permettre d'acheter son titre de transport directement sur smartphone. A partir de septembre 2020, il sera possible d'acheter son titre de transport directement dans le tramway par carte bancaire. Le paiement par carte sera également mis en place dans les bus à partir de début 2023.

Une délégation de service de six ans

En tant qu'autorité organisatrice de transport, Angers Loire Métropole confie l'exploitation de son réseau à un opérateur privé, dans le cadre d'une délégation de service public. Au terme de cette délégation, d'une durée de 6 ans, un appel est lancé permettant aux entreprises qui le souhaitent de candidater.

Lundi 11 mars, les élus du conseil communautaire ont décidé, pour la période 2019-2025, de confier cette délégation à la RATP Dev. Celle-ci s'est donné pour objectif d'accroitre la fréquentation des transports en commun de 13,5 millions de voyages par an d'ici à 2024, pour un total annuel de 53,5 millions de voyages.

Ce nouveau contrat permettra à Angers Loire Métropole de réaliser une économie moyenne annuelle de 5 millions d'euros, soit près de 30 millions sur la durée totale de la délégation.

Rapporté au kilomètre parcouru, le coût réel d'un transport en bus pour la collectivité est de 4,70 euros.

"Nous avons choisi un nouveau partenaire, pas un nouveau plan de transport"

Bernard Dupré, vice-président d'Angers Loire Métropole délégué aux Transports.

Lundi 11 mars, les élus d'Angers Loire Métropole ont choisi de confier l'exploitation des transports en commun du territoire à RATP Dev plutôt qu'à Keolis, qui gérait le réseau angevin depuis quarante ans. Comment a été prise la décision ?

Les offres des deux candidats étaient équilibrées, robustes et pertinentes sur le plan technique. Les échanges que nous avons eus avec les uns et les autres étaient constructifs, et chacun avait à coeur de trouver la meilleure offre possible pour les usagers, au meilleur coût pour la collectivité. Ces discussions ont donné lieu à quatre réunions de négociation de septembre à décembre dernier, au cours desquelles chaque point a été passé à la loupe. Il ne s'agissait pas de faire uniquement des économies par rapport au précédent contrat, mais de veiller au maintien de la qualité du service proposé aux usagers. A l'issue de tout cela, il faut bien qu'il y ait un vainqueur. Or l'offre de RATP Dev permettra à la collectivité de dépenser en moyenne 5 millions d'euros de moins chaque année, soit près de 30 millions d'économie sur la durée du contrat. Cette bouffée d'oxygène profitera notamment au financement des lignes B et C du tramway, dont le montant global a été estimé à 245 millions d'euros.

Cela va-t-il changer quelque chose dans les habitudes des usagers ?

Absolument pas. Les candidats étaient invités à faire une offre à kilomètres constants par rapport à la situation et au réseau actuels. Le conseil communautaire a choisi un nouveau partenaire, pas un nouveau plan de transport. Lorsque le changement d'opérateur deviendra effectif, c'est-à-dire à partir du 1er juillet, les lignes de bus et leurs dessertes resteront identiques à la situation actuelle. A la rentrée, chacun retrouvera ses habitudes.

Une nouveauté est par contre annoncée pour les bus de nuit. En quoi consiste-t-elle ?

C'était une demande. Dès septembre, une ligne de nuit desservira les principaux pôles de sortie et de résidence étudiants, de manière à éviter de prendre la voiture. Elle fonctionnera le jeudi de 1h à 5h du matin avec un passage toutes les 30 minutes, le vendredi sur la même amplitude avec un passage toutes les heures, et le samedi jusqu'à 6h du matin avec un passage toutes les heures également. Tout ceci avec un titre de transport au tarif normal.

A plus long terme, RATP Dev se fixe des objectifs très ambitieux. Pouvez-vous en dire un mot ?

Ces objectifs sont liés à la mise en service des lignes B et C qui, début 2023, vont compléter le réseau de tramway. Ainsi à partir de 2024, RATP Dev se fixe un objectif de 53,5 millions de voyages par an. Ce qui équivaut à 13,5 millions de voyages annuels en plus qu'actuellement. Il est évident que les deux nouvelles lignes de tramway vont booster la fréquentation de nos transports en commun, avec comme conséquence attendue une baisse du nombre de voitures sur les routes.