Découvrez le territoire avec

Partagez sur

Publié le 08 juillet 2019

La transition écologique se jouera en trois actes sur le territoire angevin. Le premier, sur la partie énergétique, a été engagé mi-juin. Suivront les orientations en matière de transition environnementale puis sur l’économie circulaire et responsable.

Les transports seront au coeur de la transition écologique et énergétique. Les premiers bus à rouler au gaz naturel sont attendus début 2020 sur le réseau Irigo, dans le cadre de la sortie progressive du diesel de toute la flotte de bus.
Les transports seront au coeur de la transition écologique et énergétique. Les premiers bus à rouler au gaz naturel sont attendus début 2020 sur le réseau Irigo, dans le cadre de la sortie progressive du diesel de toute la flotte de bus. (Photo: Thierry Bonnet/Angers Loire Métropole)

Un cadre commun pour muscler l’impérieuse transition écologique: voici ce que les élus d’Angers Loire Métropole ont adopté mi-juin et qui va animer l’ensemble des politiques publiques des prochaines décennies, tous domaines confus. Habitat, mobilités, déchets, eau, urbanisme, aménagements, développement économique, agricole, touristique... Il n’y a pas plus transversal comme cause. "Nous parlons bien de stratégies et d’orientations propres à inverser les tendances pour évoluer vers un nouveau modèle qui renouvelle nos façons de consommer, de produire, de travailler, de vivre ensemble", explique le président de la Communauté urbaine Christophe Béchu.

Pour accompagner ces transitions vers un modèle plus vertueux, une organisation est nécessaire. Voici pourquoi, les orientations de la grande transition écologique seront énoncées en trois actes. Après "l’acte 1" axé sur la question énergétique voté le 17 juin, suivra, fin 2019 "l’acte 2", axé sur la transition environnementale. Quant à "l’acte 3", il visera la transition vers une économie circulaire et responsable. "Tout ceci sur fond de territoire intelligent qui permettra d’accélérer ces transitions", poursuit le président.

Exemple: si l’éclairage public à led ne fait aucun doute sur sa pertinence en matière de sobriété énergétique, il n’en sera que plus efficace quand les candélabres seront munis de capteurs, pour s’allumer selon les besoins et les présences, et encore mieux s’ils consomment de l’électricité renouvelable, les informations et les énergies circulant sur un réseau intelligent.

Des énergies fossiles aux énergies renouvelables

Voici pour la méthode et le cadre général. Car dans les faits, Angers Loire Métropole n’a pas attendu ce 17 juin 2019 pour prendre le virage de l’écologie. Acté dès 2016, le Projet de territoire –qui reste le document-cadre de l’action publique jusqu’en 2030–  porte l’empreinte de cette ambition. Notée noir sur blanc, elle avise que "l’enjeu, c’est la préservation du patrimoine naturel et bâti du territoire (...). C’est sa contribution à la préservation de la biodiversité, de la qualité de l’air, de l’eau, des sols et au-delà de la préservation de ses propres richesses naturelles. C’est également la réduction de la consommation des énergies fossiles des habitants, ainsi que la réduction de leur dépendance à ces énergies (....)".

Passer des énergies fossiles -telles que le gaz, le charbon et le pétrole, grands émetteurs de gaz à effet de serre- à un bouquet énergétique qui donne la part belle aux énergies renouvelables, voilà le premier grand volet qu’engage Angers Loire Métropole. L’"acte 1" visera précisément à inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre, à assurer l’indépendance énergétique du territoire et à réduire la facture y compris celles des habitants, tout en favorisant les innovations. Seule, Angers Loire Métropole ne fera pas tout. C’est pourquoi l’engagement vers la transition écologique fédérera les communes, les citoyens et de nombreux partenaires.

Priorité aux énergies renouvelables

En avril 2018, le président Christophe Béchu inaugurait l’unité de biogaz qui permet d’extraire du biométhane à l’usine de dépollution des eaux de la Baumette à Angers.
En avril 2018, le président Christophe Béchu inaugurait l’unité de biogaz qui permet d’extraire du biométhane à l’usine de dépollution des eaux de la Baumette à Angers. (Photo: Thierry Bonnet/archives Angers Loire Métropole)

Passer d’un système énergétique qui repose sur les énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz), épuisables et émettrices de gaz à effet de serre, à un système efficace assis sur les énergies renouvelables: c’est le grand enjeu de la transition énergétique. Angers Loire Métropole n’a pas attendu 2019 pour prendre ce virage. Ce que la collectivité décide aujourd’hui, c’est de "consolider notre engagement en le déclinant dans un grand nombre de nos compétences", précise Franck Poquin, vice-président en charge de l’énergie et du développement durable.

D’un mot, il s’agira pour le territoire d’être plus sobre en consommation d’énergie mais aussi plus efficace. Les efforts seront ainsi portés sur le patrimoine public (les écoles, les salles de sport, de loisirs...), mais aussi le logement social et privé. L’occasion de lutter contre la précarité énergétique via une Opération d’amélioration de l’habitat (Opah) plus ambitieuse que par le passé. Dans le parc social, le soutien financier sera accentué au profit des nouveaux programmes immobiliers et des bailleurs pour lesquels l’amélioration thermique est déjà devenue une priorité.  

Autre coin à enfoncer: les transports. Une première commande de bus "propres" a déjà été passée à Scania Angers pour que progressivement, à partir de début 2020, le parc roulant Irigo roule au gaz naturel. Même intention pour convertir le parc de bennes à ordures, d’où la construction, dès cette année, de deux stations GNV (gaz naturel pour véhicule) sur le site de Biopole et au dépôt des bus Irigo, à Saint-Barthélemy-d’Anjou.

Du biométhane à la Baumette

En parallèle de ce qui a déjà été enclenché, Angers Loire Métropole prévoit d’accélérer le développement des énergies renouvelables et la mutation des systèmes via la méthanisation, la biomasse ou encore le photovoltaïque. En janvier 2018, la chaufferie urbaine de Belle-Beille ouvrait la voie à la consommation de bois-énergie en réseau de chaleur, avant celle de Monplaisir attendue en 2021.

Côté photovoltaïque aussi, le territoire avance. Pas plus tard que le 3 juillet, les premiers panneaux de la "ferme solaire" de la Petite Vicomté étaient posés aux Ponts-de-Cé (lire ci-dessous). Dans le même registre, et depuis deux ans, une unité d’épuration du biogaz équipe la station de  dépollution des eaux de la Baumette, ce qui permet d’en extraire du bio-méthane. Celui-ci continue, pour partie, d’alimenter le fonctionnement de l’usine; l’autre partie étant revendue pour être injectée dans le réseau de gaz naturel, alors qu’elle était avant gaspillée. Résultat: 1,5 millions d’euros en recette, dont une partie va être allouée à des projets de rénovation thermique. Cette transparence budgétaire fait partie des moyens dont va se doter la collectivité.

Toutes ces initiatives expliquent qu’Angers ait été désignée, en 2018, "ville la plus écologique de France" par le magazine Néon.

Le vélo au quotidien, un enjeu majeur

Depuis l’inauguration du deuxième tronçon des Boucles vertes, 11 km de voies cyclables sécurisées relient entre elles Montreuil-Juigné, Avrillé, Saint-Barthélemy-d’Anjou et Angers.
Depuis l’inauguration du deuxième tronçon des Boucles vertes, 11 km de voies cyclables sécurisées relient entre elles Montreuil-Juigné, Avrillé, Saint-Barthélemy-d’Anjou et Angers. (Photo: Thierry Bonnet/Angers Loire Métropole)

2 millions d’euros, c’est ce qu’Angers Loire Métropole investira chaque année pour continuer à inciter à la pratique du vélo, au quotidien. En effet, si le réseau cyclable de l’agglomération comporte déjà près de 450 km (dont la moitié à Angers), il se caractérise encore par des discontinuités, notamment entre les communes intermédiaires et la ville centre. Le plan Vélo, fraichement validé, prévoit notamment l’aménagement de voies cyclables structurantes et sécurisées. Avec un objectif: porter la part du vélo dans les trajets quotidiens à 6% d’ici 2027, contre 3,1% en 2012.

Pour y parvenir, un travail spécifique a été engagé par la Ville d’Angers qui a voté son plan Vélo au printemps, et un travail identique est engagé avec les communes afin de réviser le schéma directeur des infrastructures cyclables.

Une maison du vélo

Le plan Vélo de l’agglomération se concentrera autour de cinq grands axes et 25 actions. Il visera notamment à promouvoir et à éduquer à l’usage du vélo, auprès des scolaires notamment afin de les sensibiliser avant leur entrée au collège. Les écoles volontaires pour faciliter le stationnement des deux-roues se verront attribuer une aide de 1000 euros.

Promouvoir l’usage du vélo passera aussi par la création d’un événement sportif dédié et d’une Maison du vélo. L’offre de services sera également élargie, que ce soit pour accueillir les cyclotouristes ou encore pour inciter les bailleurs sociaux à mieux garantir le stationnement des vélos de leurs locataires...

Autre grand axe: l’accompagnement des entreprises et des établissements pour promouvoir l’émergence des "boîtes à vélo", sociétés de services dont l’activité repose sur les déplacements à deux-roues exclusivement.  Dans la même idée, les écoles supérieures seront incitées à tenir des vélos à disposition de leurs étudiants.

Aide à l'acquisition d'un vélo à assistance électrique

Pour l’achat d’un vélo ou d’un vélo-cargo à assistance électrique, pliant ou non pliant, Angers Loire Métropole propose une subvention à hauteur de 25% du prix TTC pour un maximum de 200 euros par famille (400 euros pour un vélo-cargo). Seule condition: l’achat doit intervenir d’ici à décembre 2020.

En savoir plus

Les premiers panneaux photovoltaïques installés à la "ferme solaire" des Ponts-de-Cé

Le premier panneau photovoltaïque a été posé le 3 juillet, en présence du président d’Angers Loire Métropole Christophe Béchu, du maire des Ponts-de-Cé Jean-Paul Pavillon, du sénateur Joël Bigot et de la présidente d’Alter Energie Marie-Jo
Le premier panneau photovoltaïque a été posé le 3 juillet, en présence du président d’Angers Loire Métropole Christophe Béchu, du maire des Ponts-de-Cé Jean-Paul Pavillon, du sénateur Joël Bigot et de la présidente d’Alter Energie Marie-Josèphe Hamard. (Photo: Thierry Bonnet/Angers Loire Métropole)

La première centrale solaire de cette ampleur dans la région prend forme aux Ponts-de-Cé. Et illustre ce que la transition énergétique permet d’engager sur le territoire. A terme, elle permettra d’alimenter près de 8 000 personnes en électricité.

Le 3 juillet, le premier panneau photovoltaïque était posé à la Petite-Vicomté aux Ponts-de-Cé, site de la première centrale solaire de la région.

L’aménagement de cet ancien centre d’enfouissement, situé à proximité du pont de Sorges, route de La Daguenière, illustre ce que la transition écologique et énergétique a déjà permis d’engager sur le territoire. D’ici à l’automne prochain, la "ferme solaire" sera habillée, sur 11 ha, de 21280 panneaux qui produiront de quoi alimenter en électricité (hors chauffage) près de 8000 personnes soit près de 4000 foyers. "D’ici à 2030, nous ambitionnons pour notre territoire de produire 32% d’énergie renouvelable", a rappelé le président de la communauté urbaine, Christophe Béchu.

Pour cela, d’autres projets de centrales solaires sont à l’étude sur le territoire, et des opérations tout aussi exemplaires verront le jour, à la salle des sports de Beaucouzé par exemple ou encore à la nouvelle patinoire d’Angers. 

-20%

La réduction des consommations d’énergie attendue sur le territoire d’ici à 2030 (-50% en 2050), sachant les secteurs du transport routier et du résidentiel sont les plus grands consommateurs d’énergie.

-33%

La réduction des émissions de gaz à effet de serre visée d'ici à 2030 (par rapport aux niveaux de 2016).

63

Le nombre de kilomètres supplémentaires de réseaux de chaleur à l’horizon 2032, lesquels en totalisent actuellement 46. Ce vecteur de la transition énergétique permettra de chauffer et alimenter en eau chaude l’équivalent de 50000 logements à Belle-Beille, la Roseraie et Monplaisir notamment.

6%

La part modale du vélo dans les usages quotidiens attendue en 2027, contre 3,1% en 2012. Dans le détail, l'objectif est de 10% pour la ville d’Angers, 5% pour la 1ère couronne et 3% pour la 2e couronne.