

Les postes d'émissions pris en compte par la méthode "bilan carbone" de l'Ademe aboutissent, sur Angers Loire Métropole, à un total de 3,2 millions de tonnes d'équivalent CO2 rejetées chaque année dans l'atmosphère.
Cependant, si l'on veut être exhaustif, une autre source d'émissions doit être considérée. Cette source n'a rien d'anodine, car si on l'intègre au calcul, on arrive à un total cinq à dix fois supérieur à ce chiffre de 3,2 millions de tonnes.
Cette source, c'est l'ensemble des dépenses énergétiques occasionnées, parfois à l'autre bout du monde, par la production des biens de consommation que nous achetons. Ces dépenses entraînent de très importantes émissions de gaz à effet de serre. Parmi ces émissions, 80% sont imputables à la fabrication des articles manufacturés, et 13% sont liés à la production des denrées alimentaires.
Assez logiquement, plus un article est compliqué à fabriquer, plus le process de fabrication est émetteur de gaz à effet de serre. Les articles électroniques, qui mobilisent de nombreux composants et de multiples étapes d'assemblage, représentent à eux seuls 78% des émissions issues de la production des biens manufacturés.
Ce constat interpelle directement notre mode de vie, puisqu'il pointe les conséquences négatives de l'accumulation d'équipements comme l'informatique, la téléphonie, l'audiovisuel ou encore l'électroménager. Cette accumulation peut être quantifiée, par exemple en se référant au poids total des déchets d'équipement électrique et électronique jetés par chaque foyer français, qui a été multiplié par cinq entre 1965 et 2006.
L'acte d'achat est donc en première ligne des comportements à modifier dans le sens d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les efforts du "consom'acteur" en faveur de la durabilité des biens (par exemple par la réparation et le réemploi des appareils usagés) trouvent ici toute leur utilité.