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Publié le 23 septembre 2019

Située au carrefour de l’innovation, de la tech et du numérique, Angers fait valoir ses atouts scientifiques en accueillant trois congrès d’envergure internationale. Tous ont en commun de travailler en faveur d’un territoire intelligent.

Le centre de simulation en santé, créé au Chu d’Angers en 2008, continue de faire référence en matière d’avancées technologiques au service de la formation des soignants.
Le centre de simulation en santé, créé au Chu d’Angers en 2008, continue de faire référence en matière d’avancées technologiques au service de la formation des soignants. (Photo: Catherine Jouannet/CHU Angers)

"Angers a été la ville pionnière des Agenda 21 et du développement durable. Elle accueille l’Ademe, le pôle de compétitivité dédié au végétal Végépolys ainsi que le campus de l’électronique. Par sa taille, Angers est aussi représentative de l’urbanisme européen. En s’illustrant avec son appel à projets urbains innovants 'Imagine Angers' et sa démarche vers un territoire intelligent, le territoire est devenu expérimental d’un urbanisme inventif", souligne Laurent Rossez, président de Novabuilt. Le cluster du BTP en Pays de la Loire, également centre de ressources de la construction durable créé dans la dynamique du Grenelle de l’Environnement, est, entre autres partenaires, à l’origine du congrès Cities to be qui a rassemblé mi-septembre à Angers près de 1 600 professionnels (architectes, promoteurs, entreprises du BTP, etc.). "Notre volonté, c’est d’ancrer cette démarche vers une construction positive et durable à Angers pour que les professionnels étrangers et du territoire s’y rencontrent et partagent bonnes pratiques et innovations."

30 nationalités au "Davos" des nouvelles technologies

Le directeur général de France Silver Eco, l’association qui fédère la filière sur le plan national, ne dit pas autre chose. "En matière de silver économie aussi, Angers tombe juste", assure Sébastien Podevyn, à quelques jours du congrès international En mode seniors, qui fédère l’ensemble des secteurs impactés par le vieillissement de la population. "La révolution démographique s’accompagne d’une révolution technoscientifique et en cela, Angers est plutôt reconnue", assure le président de la communauté urbaine Christophe Béchu, qui y voit aussi un véritable levier économique. Selon Aldev, "80 entreprises sont identifiée sur le territoire comme relevant de la silver économie". A l’échelle régionale, le Centre d’expertise national des technologies de l’information et de la communication pour l’autonomie (Centich) et le centre de basse vision de la Mutualité de l’Anjou en sont de parfaites illustrations. D’autres sites expérimentaux placent Angers au coeur du réacteur de la silver éco, comme le living lab Allegro dédié aux seniors hospitalisés ou encore le logement logement évolutif pour une nouvelle autonomie (Lena), hébergé dans une résidence pour personnes âgées dans le quartier angevin du Lac de Maine. "Le lieu est testé par des patients en convalescence, ce qui permet d’échafauder des scénarios de sécurité afin d’anticiper les situations quotidiennes", explique Jawad Hajjam, directeur du développement du Centich.

L’atout tech et innovations: voici ce qui permet à Angers d’accueillir un troisième événement "deux en un" également à l'automne 2019. Tout d’abord, le Global Forum/Shaping the future. Ce “Davos” des nouvelles technologies regroupe près de 250 personnalités (experts, influenceurs mondiaux, dirigeants et décideurs des secteurs publics et privés) d’une trentaine de nationalités. Le contexte idéal pour Destination Angers pour y greffer la Conférence mondiale de la Simulation, en lien avec l’Université, le CHU et le Centre de simulation en santé d’Angers, pionnier en son domaine.

Allegro, la chambre des seniors hospitalisés

Le living lab Allegro, au coeur du service gériatrie du CHU d’Angers, reçoit des patients depuis un an.
Le living lab Allegro, au coeur du service gériatrie du CHU d’Angers, reçoit des patients depuis un an. (Photo: Thierry Bonnet/Ville d'Angers)
Cédric Annweiler, chef du service gériatrie du CHU d'Angers.
Cédric Annweiler, chef du service gériatrie du CHU d'Angers. (Photo: Catherine Jouannet/CHU Angers)

Depuis près d’un an, le monde a les yeux de Chimène pour Allegro. Le living lab du centre hospitalier universitaire d’Angers (CHU) est en effet devenu La référence mondiale en matière de prise en charge connectée des seniors hospitalisés. "Il existe près de trois cents living lab à travers le monde, souligne le Pr Cédric Annweiler, chef du service gériatrie. 10% d’entre eux s’intéressent à la santé. Beaucoup testent des dispositifs pour favoriser le maintien à domicile. Rien en revanche pour les seniors en état de santé dépassée."

Ici, tout est vrai. Les patients, les soignants, les visiteurs et, visuellement, Allegro ne présente rien de bien exceptionnel. Pure illusion toutefois qui explique que des délégations des quatre coins du globe s’y intéressent. Les collectivités, start-up, grands groupes et industriels (La Poste, Engie...) y voient aussi un appel d’air pour l’innovation locale et régionale.

Parade Connect, Cycléo et puis Gaspard

"Nous n’aurions pas avancé si vite sans l’écosystème électronique et numérique local", atteste le Pr Annweiler. Dans la chambre Allegro, nombre de ces innovations sont en effet issues du développement et de la recherche angevine. On peut y trouver la chaussure connectée Parade connect, développée par Parade, filiale du groupe Eram, mais aussi le vélo de réalité virtuelle mis au point par la jeune entreprise Cottos Medical, basée à Avrillé.  Et puis, il y a Gaspard. Né à la cité de l’objet connecté d’Angers, ce dispositif que l’on glisse sous le coussin d’un fauteuil ou sous le matelas d’un lit a la capacité de prévenir la formation des escarres et, par la même occasion, de fournir des informations sur le positionnement du patient et son temps d’inactivité. Autre curiosité invisible à l’oeil nu: le sol d’Allegro est truffé de capteurs prompts à enregistrer le moindre faux pas du patient et à détecter les chutes. Autant d’innovations qui participent à la notoriété d’Angers en matière de silver économie.

Parade Connect, la chaussure 100% locale

Bientôt commercialisée, la chaussure Parade Connect donne l’alerte en cas de chute.
Bientôt commercialisée, la chaussure Parade Connect donne l’alerte en cas de chute. (Photo: DR)

Depuis la présentation du prototype Parade Connect, voici deux ans à Angers à l’occasion du World electronics forum (WEF), la première chaussure connectée a parcouru bien du chemin. Elle sera bientôt commercialisée à travers deux gammes: une à destination des personnes isolées et/ou dépendantes (gamme loisirs) et une à destination des travailleurs isolés, pour un usage professionnel. Mais qu’a-t-elle de si particulier? "Parade Connect, dans sa gamme loisirs, est une aide à l’autonomie. Les capteurs présents dans la chaussure permettent de détecter automatiquement une chute importante et brutale. Si le porteur ne répond pas, une alerte est lancée à ses proches en les informant de la zone de chute de cette personne en difficulté", explique-t-on chez Eram. Pas étonnant que Parade Connect soit expérimentée dans la chambre Allegro, living lab du Chu d’Angers et dédiée aux seniors hospitalisés. Pas étonnant non plus qu’elle ait obtenu le prix de la meilleure innovation dans la catégorie "technologie pour un monde meilleur" lors du Consumer electronics show (CES) de Las Vegas en janvier dernier. L’illustration même d’une belle idée devenue réalité. Portée par les équipes du groupe Eram et de sa filiale Parade, basés respectivement à Saint-Pierre-Montlimart et Jarzé, la chaussure connectée est aussi passée dans les mains d’industriels de l’électronique et d’experts angevins notamment basés à la cité de l’objet connecté.

"La simulation est un moyen très efficace de former, d’apprendre, de tester et d’évaluer"

Portrait du professeur Jean-Claude Granry
(Photo: Catherine Jouannet/CHU Angers)

Questions au professeur Jean-Claude Granry, fondateur du centre de simulation en santé du CHU et de l’Université d’Angers, président de la Conférence internationale de la simulation

Pourquoi avoir choisi Angers pour créer cette première conférence mondiale de la simulation?
Nous avons créé l’un des tout premiers centres de simulation en santé de France au CHU d’Angers en 2008. Tenir cette conférence à Angers a donc du sens. Cette méthode est devenue incontournable à travers le monde, dans des secteurs et métiers très variés. Des experts d’une dizaine de pays (Chine, Australie, Russie, Afrique...) seront à Angers du 8 au 10 octobre. C’est l’occasion d’y associer l’écosystème angevin, de permettre à nos visiteurs de découvrir ce qui se passe sur notre territoire et de créer de nouveaux réseaux. Sur notre territoire, des visites sont programmées au CHU mais aussi à la Maison du feu des sapeurs-pompiers de Feneu où la simulation permet la formation des professionnels aux situations de crise (accidents de la route, incendies, etc.). D’autres visites régionales sont prévues (centrale nucléaire de Chinon, Airbus industrie etc…).

D’un mot, la simulation, c’est quoi ?
En médecine, un principe est devenu essentiel: "Jamais sur les patients la première fois". En santé comme dans les autres secteurs à risques, la simulation permet de créer ou de reproduire des situations et des environnements aussi proches que possible du réel. C’est un moyen très efficace de former, d’apprendre, de comprendre, de tester et d’évaluer avant de passer à la réalité.  Elle est utilisée par l’armée, les secteurs de l’énergie, du nucléaire, du spatial, les transports automobiles, maritimes, aéronautiques... La rencontre avec tous ces univers nous a beaucoup appris. Le congrès va permettre de poursuivre et d’amplifier tous ces échanges d’expériences.

Les technologies seront-elles au cœur de l’événement?
Bien entendu, car les différents domaines d’application de la simulation emploient de nombreuses techniques et en particulier celles du numérique. Les réalités virtuelle et augmentée sont maintenant au cœur de nombreux scénarios de simulation. L’intelligence artificielle y prend également une place de plus en plus importante. Angers est aujourd’hui reconnue pour l’utilisation et le développement de ces techniques par le biais de ses entreprises spécialisées mais aussi de ses écoles d’ingénieurs dont les étudiants utiliseront largement la simulation numérique dans leurs futurs métiers.

En chiffres

1600

Le nombre de participants au congrès Cities to be qui s’est tenu les 12 et 13 septembre au center de congrès d’Angers. 29 pays –dont nombre de pays européens et des climats chauds- étaient représentés pour partager des retours d'expérience et s’informer sur les projets innovants en matière de construction positive et durable.

250

Le nombre de participants (experts, influenceurs mondiaux, dirigeants et décideurs des sociétés publics et privés) attendus du 8 au 10 octobre à Angers à l’occasion du Global Forum/ Shaping the future. Ce "Davos" des nouvelles technologies revient en France douze ans après l’édition parisienne pour y aborder les transformations dues à l’évolution du numérique.

70m2

La surface de l’habitat connecté dédié aux seniors, qui sera exposé pendant le congrès "En mode seniors", au centre de congrès Jean-Monnier, les  1er et 2 octobre. Entrée libre, sur réservations sur enmodeseniors2019.com