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Trélazé

Quinze siècles d'histoire

La légende attribue la découverte de l’utilisation de l’ardoise comme matériau de couverture à l’évêque d’Angers, Licinius, en 592, devenu Saint-Lézin, patron des ardoisiers. Les premières ardoisières de Trélazé apparaissent en réalité aux XVe et XVIe siècle. Elles s’appellent alors Tire-Poche, Champ-Robert, Terre-Rouge. Au XVIIIe siècle, les principaux centres de production sont Angers, Saint-Barthélemy-d’Anjou, Trélazé, La Pouëze et Combrée. En 1743, les salaires de 1 800 ouvriers font vivre plus de 6 000 personnes.


En 1856, une brèche s’ouvre dans la levée de la Loire destinée à retenir les crues du fleuve. De graves inondations ravagent alors toute la vallée. Trélazé est entièrement encerclée par les eaux qui, s’engouffrent dans les carrières. L’empereur Napoléon III vient en personne constater l’étendue de la catastrophe, et apporter l’aide de l’État. Dès la fin de la même année est construite la levée Napoléon qui, jusqu’aux portes d’Angers, doit protéger la vallée contre de nouvelles crues de la Loire.


Les Bretons constituent une source importante de main-d’oeuvre pour les ardoisières. Ils affluent à Trélazé entre 1850 et 1930. Leurs conditions de vie sont déplorables. Entassés dans des logements exigus et insalubres, ils s’intègrent difficilement. Peu parlent couramment le français. A la fin du XIXe siècle, près de 20 % des carriers sont des Bretons. De nombreuses traces subsistent encore aujourd’hui de cette "immigration franco-française", parmi lesquelles le bagad Men Glaz, les sociétés de boule de fort la Bretonne et l’Armoricaine, le quartier de la Petite Bretagne.


A partir des années 1960, l’ardoise de Trélazé cède progressivement le pas à l’ardoise espagnole. L’effectif de l’industrie ardoisière descend à environ 500, contre 3 000 au début du siècle. La dernière coupe claire dans les effectifs remonte à 1997, avec 187 nouvelles suppressions d’emplois. Aujourd’hui, la société des Ardoisières d’Angers Trélazé a retrouvé la prospérité, reposant désormais sur le marché des monuments historiques. Elle continue d’employer 240 salariés pour une production annuelle d’environ 17 000 tonnes, dans un marché national qui s’élève à 240 000 tonnes.

 

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